Un vaccin nasal 100% français qui résisterait aux variantes donne ses premiers résultats « positifs »

Un vaccin nasal 100% français qui résisterait aux variantes donne ses premiers résultats « positifs »

Une équipe de recherche de l’INRAE-Université de Tours Infectiologie et Santé Publique, en partenariat avec un consortium composé du groupe pharmaceutique Recipharm, l’Université Bio3 de Tours-IMT et la biotech Vaxinano, travaillent ensemble depuis un an pour développer un vaccin nasal contre le Covid-19.

Ce vaccin a pour objectif d’être mis sur le marché d’ici 2023 tout en garantissant le processus de fabrication et la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement dans toute la France.

« Les résultats précliniques sur modèles animaux sont très encourageants », a annoncé Philippe Mauguin, PDG de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), lors d’une conférence de presse jeudi 8 septembre.

“Cela ne veut pas dire que c’est gagné, c’est encourageant, mais nous ne sous-estimons pas ce qu’il reste à faire”, a-t-il poursuivi.Actuellement 7 candidats vaccins sont identifiés par l’OMS et ce vaccin nasal 100% français devrait les rejoindre très prochainement sur la liste.

Les tests précliniques réalisés sur des souris ont “démontré l’efficacité du vaccin après deux immunisations nasales espacées de trois semaines, à la fois en termes de réponse immunitaire et de neutralisation précoce du virus d’origine et de ses variants”, précise un communiqué conjoint de l’INRAE et l’Université de Tours.

Les résultats ne sont pas encore publiés mais devraient l’être prochainement. Une startup est en cours de création, notamment afin de pouvoir engager des fonds pour poursuivre le développement de ce candidat vaccin, et un brevet a été récemment déposé au nom de l’Université de Tours et de l’INRAE.

Instillation de protéines dans les narines

Ce vaccin français est principalement composé de protéines dont la protéine de pointe. Les noms des composés n’ont pas été annoncés pour des raisons de propriété intellectuelle mais nous savons qu’ils ne sont pas sujets à mutation. Ils devraient donc être capables de résister aux variantes du Covid.

« Nous voulons démontrer le caractère universel du candidat vaccin face aux futures souches », a déclaré Isabelle Dimier-Poisson, responsable de l’équipe de recherche.

L’instillation du vaccin par les narines a en effet de multiples bénéfices : Isabelle Dimier-Poisson explique que le vaccin serait « capable non seulement d’offrir une réponse immunitaire générale, mais aussi d’induire une réponse immunitaire locale au niveau du nez et d’agir très tôt. sur l’infection ”

Elle ajoute que cette solution pourrait prévenir les formes symptomatiques et les cas graves, mais aussi induire une capacité réduite de transmission du virus. Les premiers tests effectués sur des souris ont montré que deux instillations provoquaient « une très forte réponse immunitaire au niveau général et au niveau muqueux »

Ce vaccin sera administré via une seringue « comme pour une injection intramusculaire, sauf qu’au lieu d’ajouter une aiguille, on ajoute un embout avec un filtre, qui permet de déposer la quantité désirée dans chacune des narines », explique Isabelle Dimier-Poisson.

Le prototype est encore en cours de développement, en collaboration avec le groupe Recypharm / Resyca. Quant à la conservation de ce candidat vaccin, elle ne nécessiterait pas de “super-congélateur”, l’équipe annonçant une capacité de stockage “à 20° pendant plusieurs mois, 4° pendant plusieurs années”.

La phase clinique est annoncée pour le second semestre 2022, la commercialisation attendue fin 2023 – principalement pour des rappels donc, dont le besoin devrait rester important d’ici là.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »